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Retards de paiement : les grands comptes, maillon faible

Le retard moyen tombe à 12,3 jours, mais les grands comptes paient encore avec près de 20 jours de retard. Ce que la loi et Odoo vous permettent.
16 octobre 2026 par

Les retards de paiement reculent en France : 12,3 jours en moyenne au premier semestre 2026, le meilleur niveau depuis trois ans selon Altares. Bonne nouvelle ? Pas pour tout le monde. Si vous dirigez une ESN ou une société de services (nettoyage, maintenance) qui facture des grands comptes, cette moyenne ne décrit pas votre réalité. Les organisations de plus de 1 000 salariés règlent toujours leurs fournisseurs avec près de 20 jours de retard. Et les défaillances d'entreprises restent nettement au-dessus de leur moyenne 2010-2019. Nous avons repris les sources primaires : Altares, Banque de France, Code de commerce, documentation Odoo. Chaque chiffre est daté. Objectif : savoir qui paie en retard, ce que la loi vous permet déjà, et comment automatiser vos relances sans abîmer la relation client.

— Investigmatik · Enquête n°10Enquête & solution
Ce qu'on ne vous dit pas sur les retards de paiement
Les retards explosentLes grands comptes traînent
Le suspectUne moyenne nationale qui masque les écarts par taille de client.
Le mobileDes pénalités légales rarement réclamées aux grands comptes.
La solutionDes relances automatiques, un appel au bon moment, un suivi daté.
En bref
  • Retard moyen de 12,3 jours au premier semestre 2026 (Altares) : meilleur niveau depuis trois ans, grâce surtout aux TPE et aux PME.
  • Au-delà de 1 000 salariés, le retard reste de 19,6 jours, près de 60 % au-dessus de la moyenne.
  • 70 605 défaillances sur douze mois à fin juillet 2026 (Banque de France), dont 9 061 dans les conseils et services aux entreprises (+9,2 % sur un an).
  • Les pénalités de retard sont dues sans rappel : 12,40 % par défaut au second semestre 2026, plus 40 € par facture.
  • Odoo automatise les relances par niveaux. Le calcul des pénalités, lui, n'est pas documenté en standard.

Retards de paiement : pourquoi la moyenne vous ment ?

Idée reçue : « les retards de paiement explosent ». Réalité : ils reculent en moyenne, mais pas chez tout le monde.

L'étude Altares publiée le 15 septembre 2026 est nette. Au premier semestre 2026, le retard moyen tombe à 12,3 jours, 0,8 jour de moins qu'un an plus tôt. 49,7 % des entreprises paient à l'échéance, contre 45,2 % un an plus tôt.

Mais l'amélioration vient d'abord des petites structures : les PME de 10 à 49 salariés passent de 13 à 11,1 jours. Au-delà de 1 000 salariés, le retard atteint 19,6 jours. Un an plus tôt, Altares le situait à « plus de 20 jours ». Les plus gros payeurs ont donc à peine bougé.

Second signal, les défaillances. Selon la Banque de France (publication du 4 septembre 2026), 70 605 entreprises ont fait défaillance sur les douze mois à fin juillet 2026 : +4,6 % sur un an, +19 % par rapport à la moyenne 2010-2019. Un client en défaillance peut rendre une facture irrécouvrable.

Si l'essentiel de votre chiffre d'affaires vient de quelques grands comptes, c'est leur comportement qui fait votre trésorerie, pas la moyenne nationale.

Qui paie en retard en 2026 ?

Point de méthode : Altares mesure le comportement des payeurs. Chaque chiffre indique comment une catégorie règle ses propres fournisseurs.

Catégorie de payeurRetard moyen, 1er semestre 2026
Moyenne France12,3 jours
TPE (1 à 9 salariés)11,7 jours
PME (10 à 49 salariés)11,1 jours
50 à 249 salariés13,4 jours
250 à 999 salariés15,3 jours
Plus de 1 000 salariés19,6 jours
Secteur public (ensemble)14 jours
Hôpitaux24 jours
Services informatiques15,5 jours
Sécurité26,9 jours

Pour une ESN, le tableau se lit dans les deux sens. En aval, vos grands comptes affichent le retard le plus élevé de toutes les tailles d'entreprise. En amont, les services informatiques règlent eux-mêmes leurs fournisseurs avec 15,5 jours de retard : freelances et sous-traitants en font les frais. Un effet de chaîne est plausible, mais l'étude ne l'établit pas. La trésorerie ESN se pilote donc client par client.

Pour le nettoyage et la maintenance, Altares ne publie pas de chiffre de retard ce semestre. Le signal vient des défaillances. Au premier trimestre 2026, Altares relevait +41 % de défaillances dans la propreté (étude du 14 avril 2026). À fin juillet, la Banque de France compte 9 061 défaillances sur douze mois dans les conseils et services aux entreprises (+9,2 % sur un an, +42 % par rapport à 2010-2019). L'information et communication, qui inclut les activités informatiques, en compte 2 123 (+43,4 % par rapport à 2010-2019).

Pièce à conviction n°1La moyenne vous ment
11,7 J1–911,1 J10–4913,4 J50–24915,3 J250–99919,6 J1 000 +MOYENNE12,3 JSALARIÉS DE L'ENTREPRISE QUI PAIE · S1 2026
Source : Altares, comportements de paiement du 1er semestre 2026 (15/09/2026). Altares mesure les entreprises en tant que payeurs.

Ce que la loi vous permet déjà

Les délais de paiement 2026 n'ont pas changé. Le cadre est fixé par l'article L441-10 du Code de commerce et les articles voisins (droit français ; les règles diffèrent en Suisse).

RègleCe que prévoit le texteRéférence
Délai par défaut30 jours après l'exécution de la prestationL441-10, I
Délai maximal convenu60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si c'est expressément stipuléL441-10, I
Pénalités de retardExigibles sans rappel. Minimum : trois fois le taux d'intérêt légal (8,25 % au second semestre 2026). À défaut : taux de refinancement BCE + 10 pointsL441-10, II
Indemnité forfaitaire40 €, plus une indemnisation complémentaire sur justificatifsL441-10, II ; D441-5
Mentions sur la factureDate d'échéance, conditions d'escompte, taux des pénalités, montant de l'indemnitéL441-9
SanctionAmende administrative jusqu'à 75 000 € (personne physique) et 2 millions d'euros (personne morale), doublée en cas de réitération sous deux ansL441-16

Le taux par défaut. Il suit le taux de refinancement BCE en vigueur au 1er janvier ou au 1er juillet : 2,40 % au 1er juillet 2026, soit 12,40 % de pénalités jusqu'au 31 décembre. La hausse BCE du 10 septembre 2026 (dépôt à 2,50 %, refinancement à 2,65 %) ne joue pas sur ce semestre. Si le refinancement reste à 2,65 % au 1er janvier 2027, le taux passera à 12,65 %.

Ce qui pourrait changer. Le 19 février 2026, le Sénat a adopté à l'unanimité la proposition de loi Rietmann. L'amende serait plafonnée au plus élevé de 2 millions d'euros ou 1 % du chiffre d'affaires mondial consolidé, et le créancier ne pourrait plus renoncer aux pénalités. Au 23 septembre 2026, le texte attend son examen en commission à l'Assemblée nationale. Rien n'est en vigueur.

Cette synthèse ne remplace pas un avis juridique : pour une clause ou un litige, consultez votre conseil.

Pièce à conviction n°2Ce que la loi vous doit déjà
ÉCHÉANCE MAXIMALE60 J (OU 45 J FIN DE MOIS)PÉNALITÉS · S2 202612,40 % PAR DÉFAUTINDEMNITÉ FORFAITAIRE40 € PAR FACTUREAMENDE DGCCRFJUSQU'À 2 M€ (PERS. MORALE)PROPOSITION RIETMANN (SÉNAT, 19/02/2026) : JUSQU'À 1 % DU CA MONDIAL
Code de commerce (articles L441-10, D441-5, L441-16) et Service-Public (taux des pénalités du 2e semestre 2026). Ceci n'est pas un conseil juridique.

Comment automatiser les relances dans Odoo ?

Une relance impayés efficace commence avant l'échéance. Côté Odoo, relances et paiements reposent sur trois briques, documentées pour Odoo 19 (la page des relances est identique en 20.0). Depuis la SaaS 19.3 (Odoo Online), et pour toutes les bases avec Odoo 20, les relances se font facture par facture et non plus client par client : on les envoie depuis la liste des factures ou le bouton « Envoyer », et les niveaux de relance restent disponibles pour l'automatisation. Odoo 20 simplifie encore ce parcours.

  • Conditions de paiement : jours fixes, fin de mois, échéancier, escompte pour paiement anticipé.
  • Mentions légales : l'option « Default Terms & Conditions » ajoute une note sur chaque facture. Indiquez-y le taux des pénalités et l'indemnité de 40 €.
  • Niveaux de relance : chacun se déclenche à un nombre de jours par rapport à l'échéance, négatif pour un rappel anticipé. Actions : e-mail, SMS, WhatsApp, courrier, factures jointes, activité pour un responsable. Chaque niveau peut être automatique ou manuel.

Le détail figure dans la documentation officielle des relances Odoo. Voici un exemple fictif de scénario, à adapter à vos contrats :

  1. J-5 : e-mail courtois de rappel, avec le lien du portail pour payer en ligne. Automatique.
  2. J+1 : e-mail « facture échue », facture jointe. Automatique.
  3. J+8 : activité pour le chargé de compte, qui appelle le service fournisseurs du client. Chez un grand compte, un blocage administratif (bon de commande, référence, portail) se règle plus vite par téléphone.
  4. J+15 : e-mail ferme rappelant les pénalités et l'indemnité de 40 €. Validation manuelle pour les grands comptes.
  5. J+30 : courrier, et escalade du dirigeant vers son interlocuteur métier chez le client.
  6. J+45 : décision humaine et documentée : mise en demeure, recours à un tiers ou geste commercial.

Faciliter le paiement. L'option « Invoice Online Payment » ajoute un bouton « Pay Now » au portail client. Le prélèvement SEPA (mandats CORE ou B2B, euros uniquement) convient aux contrats récurrents de maintenance ou de nettoyage, si le client l'accepte.

Fiabiliser et piloter. Le rapprochement bancaire associe transactions et factures par règles automatiques : à jour, il évite de relancer un client qui a payé. Le rapport « Aged Receivable » (balance âgée) classe vos créances par ancienneté. La « Short-term cash forecast » de l'Executive Summary reste sommaire : ventes du mois moins achats du mois.

La limite. Le calcul automatique des pénalités de retard n'apparaît pas dans la documentation officielle. Il passe par une app tierce, à auditer, ou un développement spécifique. Pour un déploiement complet, voyez notre offre Odoo pour les ESN. Vous comparez encore les solutions ? Relisez les 7 critères pour choisir un ERP d'ESN.

Pièce à conviction n°3Un scénario de relance
ÉCHÉANCEJ-5RAPPEL COURTOISJ+1FACTURE ÉCHUEJ+8APPELJ+15PÉNALITÉS + 40 €J+30COURRIERJ+45DÉCISION HUMAINEAUTOMATIQUE (E-MAIL, SMS) → VALIDATION MANUELLE POUR LES GRANDS COMPTES
Exemple fictif à adapter à vos contrats. Dans Odoo, chaque niveau de relance peut être automatique ou manuel : e-mail, SMS, WhatsApp, courrier, activité.

Facture électronique : le statut « Encaissée » change-t-il la donne ?

Depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques ; grandes entreprises et ETI doivent aussi en émettre. Les PME suivront au 1er septembre 2027.

La réforme impose au minimum quatre statuts : déposée, rejetée, refusée, encaissée. Le statut « Encaissée » porte la date et le montant du paiement. Il est obligatoire quand la TVA est exigible à l'encaissement, cas des prestations de services hors option pour les débits. Point clé, selon la FAQ de la DGFiP (version du 1er septembre 2026) : c'est le fournisseur qui le transmet, pas le client.

Ce que ça change. Vous devrez suivre vos encaissements facture par facture, car ces données pré-remplissent votre déclaration de TVA : c'est aussi la base d'une relance fiable. Et le statut « refusée » doit être motivé, ce qui fait apparaître un litige plus tôt.

Ce que ça ne change pas. Le statut « Encaissée » constate un paiement, il ne l'accélère pas. Altares situe l'amélioration de 2026 dans le contexte des préparatifs de la réforme, sans établir de lien de cause à effet. Pour aller plus loin, lisez notre enquête sur la facture électronique.

L'IA peut-elle relancer à votre place ?

Les éditeurs de recouvrement promettent des agents IA autonomes. Dans Odoo, la documentation décrit autre chose, et c'est plutôt sain pour la relation client.

Ce qu'Odoo automatise

Les relances par niveaux sont des règles, pas de l'IA : un délai en jours, une action (e-mail, SMS, WhatsApp, courrier), un traitement automatique ou manuel. L'IA intervient à la marge : elle peut aider à rédiger un message, et une consigne IA peut être insérée dans un modèle d'e-mail pour personnaliser chaque envoi (en mode développeur). Nouveau en Odoo 20, un agent peut être déclenché par une action planifiée ; chaque appel consomme des crédits IAP, à 1 € l'unité.

Ce que promettent les spécialistes

Upflow annonce des agents IA et une réduction moyenne du délai de paiement ; Sidetrade présente un agent « autonome ». LeanPay, de son côté, reconnaît que l'IA ne peut pas gérer seule le recouvrement. Avec un grand compte, l'appel au bon interlocuteur reste le levier décisif.

— Investigmatik · Radar IAPromesse vs réalité
  • Disponible · 19.0
    Relances automatiques par niveauxDélais en jours, e-mail, SMS, WhatsApp, courrier : de l'automatisation, pas de l'IA.Source
  • Disponible · 19.0
    Consigne IA dans un modèle d'e-mailPersonnaliser un message à l'envoi, pour chaque destinataire (mode développeur).Source
  • Non documenté
    Calcul automatique des pénalitésAbsent du standard : app tierce à auditer ou développement spécifique.
  • Idée reçue
    « Un agent IA recouvre seul vos impayés »Même des éditeurs spécialisés reconnaissent que l'IA ne peut pas le faire seule.
  • Obligatoire · 09/2026
    Statut « Encaissée »Transmis par le fournisseur quand la TVA est due à l'encaissement.Source

Questions fréquentes

Faut-il vraiment facturer des pénalités à un grand compte ?

Juridiquement, elles sont dues sans rappel et leur taux doit figurer sur la facture. Les réclamer relève ensuite d'un arbitrage commercial ; la proposition de loi Rietmann interdirait d'y renoncer, mais elle n'est pas adoptée. Notre conseil : mentionnez-les toujours, calculez-les, puis décidez client par client.

Quel est le délai de paiement maximal ?

60 jours après l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois si le contrat le prévoit expressément. Sans accord, 30 jours après l'exécution de la prestation.

L'affacturage est-il une solution ?

C'est un financement : un tiers vous avance le montant de vos factures contre rémunération. Il soulage la trésorerie mais ne traite pas la cause du retard. Comparez son coût à celui d'un processus de relance structuré.

Conclusion

Les retards de paiement baissent en moyenne, c'est un fait daté. Mais les grands comptes restent à près de 20 jours, et les défaillances 19 % au-dessus de leur moyenne 2010-2019. Inutile d'attendre la loi Rietmann : des factures conformes, des relances graduées et un suivi des encaissements facture par facture font l'essentiel. Odoo le couvre en standard ; seul le calcul des pénalités demande un complément.

Vos grands comptes paient-ils en retard ?

Nous analysons votre balance âgée et construisons avec vous un scénario de relance adapté dans Odoo.

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